← Back to portfolio

Baseball : la détresse et l’espoir d’un sport méconnu

Published on

Le baseball, sport majeur en Amérique et en Asie, peine à s’implanter en France : seuls 8 000 joueurs sont licenciés, alors qu'ils se comptent en millions aux Etats-Unis et au Japon, où les spectateurs se ruent dans des stades quasiment chaque soir.

Même la création de la ligue professionnelle, qui serait le socle du développement de cette pratique, reste encore lointaine dans l'Hexagone. « En ce moment, aucun club français ne peut se permettre d’embaucher des joueurs professionnels en raison des contraintes économiques. Pour y arriver, il faut que la pratique se développe beaucoup plus », indique François Collet, responsable de la communication de la Fédération Française de Baseball (FFBS), elle-même endettée autour de 100 000 euros.

Les causes de cette faible popularité : la pénurie d‘infrastructures et de personnels. « Quand on n'a pas de lieu de pratique approprié pour accueillir du public, c'est difficile d'organiser quoi que ce soit », se désole-t-il. « Aujourd'hui on a 200 clubs, mais on n’a même pas 200 terrains de baseball en France ». De plus, les clubs français souffrent du manque d’arbitres, d’entraîneurs, et de scoreurs...

A cette difficulté matérielle s’ajoute celle de la culture. Le baseball est conçu comme un sport américain, alors qu’en réalité il s’agit d’une pratique beaucoup plus globale : aux Caraïbes, en Asie et en Océanie, le sport est plus que populaire. « Il n’est juste pas bien représenté en Europe », regrette François Collet.

En outre, le baseball dépasse la conception du sport traditionnel à la française, voire européenne. La majorité des sports collectifs pratiqués en Europe, comme le football ou le rugby, se joue sur un rectangle, où deux équipes se font face pour marquer des points en mettant un ballon dans un panier ou un filet. « Le baseball détonne dans ce paysage » admet François Collet, car il s’agit d’un sport joué sur un quart de cercle déformé, et il faut faire le tour des bases pour marquer un point.

Yankee Stadium, NYLe manque d'infrastructure, la cause de la faible popularité du sport

Un sport « très physique et explosif » Ces problèmes structuraux pèsent sur les clubs mais certains bénéficient d’une embellie. Julien Cordier, le président et l'entraîneur du club de baseball de Ronchin (Nord), l’un des plus forts de la région, regrette aussi la « faible visibilité » de la pratique. Or, le nombre de membres de son club est en augmentation de 5 à 10% chaque année depuis 3 ou 4 ans.

Pourtant, l’équipe de Ronchin peine encore à recruter. « Comme ce n'est pas du tout connu en France, les gens ils n'ont même pas l'idée de se dire, "tiens, on va aller faire du baseball"», se désole ce trentenaire. Sa déception est d’autant plus forte qu'il n’a aucun doute sur l’attractivité du sport.

« C’est un sport très physique et explosif. Les joueurs doivent être capables de mobiliser leurs muscles pile-poil à moment où il le faut ». Ce supporter de Toronto Blue Jays ne tarit pas d'éloges : « c'est très psychologique aussi. Quand on se retrouve devant un lanceur qui essaie de vous mettre en échec, il faut le battre mentalement pour frapper la balle. »

La légère augmentation du nombre de joueurs de l’équipe de Julien Cordier est sans doute le fruit des efforts de la Fédération, qui essaie de faire découvrir le sport aux enfants par le biais de partenariats avec plusieurs organisations sportives comme l’USEP et l’UNSS. Selon la FFBS, le nombre des joueurs licenciés en France a augmenté de 15% entre 2000 et 2012. Pour eux, l’objectif est de doubler le chiffre d'ici 2020, ce qui lui permettrait d’avoir plus de moyens, mais aussi d’alimenter l’équipe de France.